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27 avril 2018 5 27 /04 /avril /2018 00:04

 

Enfin le vrai début du pourquoi nous sommes partis de la belle Djerba la Douce.

Avec Sarah et Louis Marie c’est un vrai bonheur relationnel (les choses s’explicitent rapidement si nécessaire). Ceci nous va super bien à Simonie et moi. Nous partons dans l’après midi avec l’idée que ce premier petit voyage sera un « amarinage » pour le nouvel équipage.

Je n’avais pas forcément l’idée de m’arrêter aux Perlas, mais les arguments de S et LM m’ont convaincu. Bonne façon de s’apprêter tranquillement au rythme de la grande croisière. Nous aurons un quart de nuit à assurer et une demi-journée avant d’arriver dans l’archipel des Perlas à seulement 60 miles de Panama, et en faisant partie.

 

Route tranquille, bon vent, pas de vague, tout sourire.

Premier mouillage sympa mais eau pas trop claire. Cela n’empêche pas une visite à terre (végétations abondantes et traces de vie animale nombreuses). Pas d’habitation. Nous sommes seuls et contents de l’être après la vie tumultueuse, voire désagréable, de Panama.

Le lendemain matin, au gré de la carte, d’un petit document avec photos et descriptions, nous voilà dans un deuxième mouillage. Aussi tranquille mais avec une eau plus claire. Bains, snorkeling, ballades à terre, mais aussi bricolage pour le capitaine.

Vous ne vous en souvenez sans doute pas, mais je suis déjà grimpé en haut du mât plusieurs fois (5 je crois depuis mon départ), dont trois à Grenade pour réparer les feux de route, changer la girouette et envisager de changer les réas des drisses (GV et balancine). J’ai alors bien avancé sur le premier point (fils coupés et plastique fendu), changé effectivement la girouette après vérification que c’était bien elle qui dysfonctionnait, et bien réfléchi pour le changement des réas. A Grenade on me proposait de le faire pour 2 500 euros, avec démâtage et 10 j de délai.

Aux Perlas, je reste 8 h d’affilé (oui, huit heures d’affilée) en haut du mât, avec la gentillesse de LM pour monter ou descendre, avec le seau, tel ou tel outil. Il me rajoute même, sans me le dire, une boisson fraiche super bien venue. Vraiment encore merci à Louis Marie, qui fait tout cela avec le sourire permanent. Tout là-haut, je souffre surtout à l’idée de ne pas y arriver. Je m’attache d’une façon autonome sans les drisses. J’avais déjà confectionné à Shelterbay un point de fixation pour le capitaine (gros boulon traversier provisoire dans le mât). C’est absolument nécessaire, pour enlever et remettre les réas à l’intérieur du mât, que les deux drisses soient libres de toute contrainte.  Bref, ce qui résiste plus de trois heures, c’est l’extraction (pour le remplacer) de l’axe original sur lequel sont les réas d’origine. La trouille de ma vie de me retrouver coincé là-haut dans un désert technique.

 

A force de persévérance et d’un nombre incalculable de forts coups de marteau, tout se fait selon la stratégie prévue. Ouf, je remets tout en place, on me redescend très fatigué mais heureux de réussir cela. La voile monte maintenant plus aisément … but de l’opération atteint. Une dernière photo d'en haut et l’apéro fut bon.

Nous passons deux jours de bonheur à cet endroit pour aller ensuite rendre visite au seul petit village d’une île adjacente plus au sud-ouest, sur notre route vers les Marquises.

Nous avons alors l’occasion de refaire le plein de fuel (4 bidons) utilisés pendant la traversée du canal. C’est une des grandes préoccupations des bateaux qui traversent le Pacifique : avoir assez de fuel pour traverser la ZICT (Zone Intercontinentale de convergence … entre les alizés du Nord et ceux du Sud), puis assumer les éventuelles autres pétoles.

 

 

Une ballade « bon enfant » dans ce petit village au bout de rien du tout … Les habitants semblent contents de voir des personnes étrangères, nous sourient, et quelques-uns tentent de nous vendre quelques fruits de leur jardin. Nous prenons deux ananas et nous achetons aussi un poisson pour notre repas du soir.

 

 

 

Nous partons dans la matinée du mercredi 21 mars. Rien ne presse quand on envisage 25/30 jours de navigation d’affilé. Je propose alors de réaliser une opération entrainement HAM (Homme A la Mer). Il y a peu de vent et la grande baie est bien protégée. LM et S font l’un après l’autre deux ou trois essais quasi réussis, qui permettent de penser que, si le capitaine tombe à l’eau, ils sauront se débrouiller pour venir me chercher … donc ça baigne (si je puis dire).

Enfin nous prenons la route. Sarah est assurément impatiente de cela, surtout que j’avais annoncé, la veille, un départ plus prompt qu’il ne l’a été.

Nous envisageons, compte tenu des éléments météos (recueillis tous les jours avec iridium go) de pouvoir nous arrêter en Équateur, le plus au sud possible avec le moins d’éloignement de notre route Pacifique, si faire se peut. Ceci pour, à la fois retrouver du fuel au cas où l’on en utilise trop dans cette zone ZICT, appelée aussi « pot au noir », et aussi espérer un mécano pour mes moteurs qui ont bien des difficultés à être opérationnels pour de bon.

Rapidement, le moteur bâbord sonne et se met au rouge … le travail de Shelter bay est manifestement insuffisant. Mais le vent est là et nous filons à plus de 6 Nds, Foc et GV déployés.

Un peu plus tard (enchainement reconstitué) une panne de batteries provoque l’arrêt du pilote, et, dans une suite logique avec vent arrière, un empannage.  Branlebas de combat, stress du capitaine qui ne comprend pas tout de suite ce qui se passe. Tout revient dans l’ordre, avec un peu de désordre dans la résolution, et … nous ne repartons pas ! Le moteur tribord cale lors de la tentative de remise en route, pour cause de nos propres lignes dans les hélices … CLASSIQUE ! Je fais tomber les voiles. Une heure de résolution bien rodée (combinaison, masque tuba, ceinture de plomb, bout de sécurisation, plongées en apnées successives et on y arrive toujours … On remet les voiles et on repart.

Le pilote lâche aussi plus tard, je repère vite le problème de la clavette sur l’arbre du safran, qui est sortie de son espace. Là c’est au moins la quatrième fois que j’interviens à cet endroit depuis mon départ de Tunisie, la tête dans le coffre de la jupe arrière. A chaque fois je pense résoudre définitivement le problème de la désolidarisation du dispositif qui reçoit le bras du moteur du pilote, avec l’axe du safran … ce coup-ci oui, c’est, une fois de plus, définitivement résolu !  À suivre.

Entre temps, pour tenter de résoudre le problème du moteur bâbord qui sonne et se mets au rouge très rapidement, je démonte les deux thermostats des deux moteurs pour les tester dans une casserole … ça fonctionne bien. Mais pour aller jusqu’au bout, j’intervertis, au remontage, le bâbord avec le tribord. C’est toujours bâbord qui sonne ! Conclusion, ce n’est pas le thermostat, c’est autre chose, mais là, j’atteins mes limites d’intervention … l’idée de s’arrêter en Équateur, dans un endroit susceptible de trouver (ENCORE !) un mécano « moteur bateau », se précise.

Pour la panne électrique, je décide de remettre comme je l’avais fait au début, seulement deux batteries en parallèle et non trois comme je l’ai fait au repos aux Perlas. Malgré cela, panne encore, toujours une batterie, sur les deux, a son voyant (chacune des batteries Lifepo4 en a un) qui se met au rouge … M. alors ! A l’occasion de cette modification du montage, j’avais conservé un nouveau câble de jonction plus gros que le précédent. Dysfonctionnement totalement incompréhensible ! je persévère dans mes observations. Tests après tests, je découvre enfin, que ce beau et gros câble de jonction, réalisé tout neuf à Houmt Souk, n’a pas été dénudé d’un côté avant de sertir la cosse à la machine … B. de M. de P. à C. … Je le change, je remonte même les trois batteries en parallèle (pour passer de 240, à 360 A pour chacun des parc bâbord et tribord). Depuis (là nous sommes à trois jours des Marquises quand j’écris ce texte) ça marche. J’aimais bien l’artisan qui a fait ce travail à Houmt Souk (j’ai fait faire 12 jonctions d’avance avec du câble que j’avais en rab), mais là il a fait une grosse boulette. J’ai tout vérifié, c’est le seul cas. On va dire que l’erreur est humaine.

Ici je vous ennuie sûrement avec tous ces problèmes matériels, ça me fait du bien d’en parler, désolé !

Enfin l’essentiel de ce trajet « Perlas – Équateur », n’est pas complètement là.

A une journée de navigation d’un point possible d’arrêt en Équateur : Esmeraldas, le plus proche

de là où nous sommes, S et LM nous annoncent, d’une façon totalement inattendue, leur intention de ne pas continuer le voyage avec nous. Coup de massue !

La dernière nuit, avec peu de vent, se fait au foc seul pour assurer notre arrivée de jour (1,5 Nds de moyenne, et Maurice notre pilote assure quand même). Nous remettons la GV un peu plus tard pour quand même arriver avant midi !

Les raisons évoquées sont la fiabilité du bateau (vous comprenez pourquoi aussi j’ai explicité les ennuis rencontrés), la crainte de LM (relativement novice en bateau) quand les vagues claquent en dessous de la nacelle du catamaran, et toujours la crainte de LM quand ça bouge trop … Bref, j’ai tenté de relativiser la notion de fiabilité, mais contre la peur je n’ai pas d’argument sinon que l’on s’habitue avec l’expérience.  Extrêmement déçu je me suis arrêté à Esmeraldas. La séparation fut chaotique avec des sautes d’humeur de part et d’autre. Le temps, la bonne intelligence et le souci de bonheur, s’il est partagé, devraient permettre de se retrouver un peu plus tard.

Bon ben voilà, nous envisagions être 8 (vite abandonné), puis 6 (cela a tenu entre Villefranche et les Canaries), nous fument 5 (pour la traversée Atlantique), puis 4 (jusqu’ au Panama, on n’a pas beaucoup cherché à trouver d’autres personnes pour donner suite au départ de Laura et Tristan) …

et là, en Équateur, nous voilà seulement deux : Simonie et moi.

 

Sarah et Louis Marie viennent de partir. On parle bien, Simonie et moi, et très vite on décide de partir à deux, point final, voguez jeunesse !

 

 

 

 

 

 

Nous sommes au mouillage dans un grande baie bien protégée derrière le port de commerce. Quelques autres chaluts sont aussi au mouillage. Juste un quai à l’entrée pour les bateaux pilotes, la marine nationale et deux bateaux de transport de passagers. Beaucoup de mouvements avec ces très nombreux petits bateaux de pêche qui entrent et qui sortent en permanence.

 

Parallèlement aux préparatifs de départ de S et LM, on se fait arnaquer par un « agent » pour les formalités (mais reconnaissons qu’il nous a fait gagner du temps) et on trouve un jeune mécano, Daniel, salarié d’un gros bateau de pêche.

 

C’est la première fois que je donne des coordonnées sur ce blog, mais Daniel le mérite, et cela évitera à un futur marin qui lit ce doc, et se retrouve à Esmeraldas, d’avoir la pression de l’agent « arnaqueur » mais efficace (Claudio) pour lui donner une com supplémentaire. danielmonroytuarez@gmail.com, tel 096 095 1081.

 

Avec Daniel, on étudie le problème ensemble, je le sens bien. Il réfléchit, prend son temps, on arrive à se comprendre avec mon espagnol approximatif, il fait de bons tests, puis démonte la pompe eau douce du moteur bâbord concerné. Bonne pioche. Achat d’une pièce interne cassée (l’axe d’entrainement), intervention d’un soudeur, remontage … depuis il n’a plus chauffé. Reste à ce jour, à 3 j des Marquises, un problème non encore résolu : l’eau de mer se désamorce en amont du circuit quand le moteur est à l’arrêt … je sais comment réamorcer mais je n’arrive pas à résoudre définitivement ce problème malgré des heures d’observations et de recherches sur les jonctions de tuyaux. Encore du travail à venir en Polynésie …

Après l’intervention « moteur », Simonie et moi allons manger en centre-ville dans un petit et très bon restaurant (conseillé par le chauffeur qui nous a pris en stop et fait payer comme un taxi !). Agréable moment pour ce petit pas en Équateur, qui est l’occasion de quelques achats utiles (gros tournevis) et de la découverte, par moi, du gros et bon fruit « saboté » (photo).

Il fait beau, la ville est très animée, les gens sont souriants, la vie est belle avec Simonie.

Nous passons notre dernière nuit continentale, et le lendemain matin, après une bonne mise en place de tout le dispositif « voiles », nous nous lançons à l’assaut du grand Pacifique en toute confiance et tranquillité d’esprit.

 

Ici le capitaine va faire les formalités à Esmaraldas.

 

Nous savons avec les prévisions météo que nous aurons quelques difficultés avec le vent pour les 2 ou 3 premiers jours, mais je décide à l’avance que tout se fera à la voile, même en tirant des bords. Plus aucune pression autour de nous.

 

Les Marquises sont en vue dans nos têtes …

 

 

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