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27 avril 2018 5 27 /04 /avril /2018 00:42

 

 

Plus aucune raison pour s’arrêter maintenant. Notre départ tranquille à deux nous ravit, Simonie et moi. Nous avions juste une expérience de 10 jours à deux dans le trajet entre la Ceuta (enclave espagnole au Maroc) et Porquerolles, en juillet 2013, en passant par plusieurs mouillages dans les belles Baléares.

 

Nos expériences montrent que nous sommes plus sereins, l’un vis-à-vis de l’autre, quand nous sommes seuls ensembles. Cela se vérifie et se conjugue avec bonheur. J’ai déjà deux traversées (Bermudes – Açores) en solo à mon actif. Là, en fonction de la régularité météo observée depuis deux mois dans le Pacifique, je me sens tranquille, et encore mieux d’être accompagné et secondé par Simonie.

Allons chercher nos colliers de fleurs.

Deux chapitres : navigation et vie à bord.

LA NAVIGATION

Événements de mer (c’est comme cela qu’on appelle les merdouilles rencontrées …)

Il est 10h ce mercredi 21 mars ensoleillé. Nous prenons une route d’éloignement de la côte pour éviter les pêcheurs la nuit. Qu’à cela ne tienne, à 15 h nous prenons, avec nos propres lignes, une autre plus grosse ligne « adverse » dans les hélices. Mise en panne du bateau (voiles à contre), combinaison, ceinture, couteau, attaché, plongée, coupé juste le fil sans trop de galère, et reparti une heure plus tard. Ça commence bien ! Cela fait sans doute la 6 ou 7ème fois que je subis cette mésaventure complètement incontrôlable mais toujours réparable. Surement pas la dernière …

Assurément dans la nuit même, vers 23 h, rebelotte, empannage avec le bateau coincé dans filet dérivant. Je mets le bateau en panne. Impossible à dégager. Mais là, un bateau de pêcheurs arrive rapidement sur les lieux. Je leur demande de couper eux-mêmes. Je finis le dégagement des deux hélices, une heure de plongées en apnées successives. Le « chef » des pêcheurs râle, moi autant, ils sont trois costauds, tournent autour du cata et réclament 100 dollars. Je fais le sourd et travaille au dégagement. Je propose 40 dollars. Il râle plus forts et moi encore plus, et je fais l’occupé. Simonie me suggère de payer. Je donne 60 dollars, il compte à la torche, il râle encore et puis le bateau s’en va. Deux heures de galère et c’est reparti.

C’était trop facile, et vous allez même penser que j’en invente ! Trois heures plus tard, stoppé dans un deuxième filet. Vous imaginez le moral et ma grogne. Il commence à faire jour, personne en vue. Si, un bateau au loin qui ne bouge pas. Je coupe directement moi-même. C’est long et difficile car les filets font environ 3 m de hauteur, et les deux safrans sont pris. En une heure, quatre découpes : deux au milieu entre les safrans et une de chaque côté. Le filet est dégagé, je laisse les vestiges dans le safran tribord, et c’est re reparti à la voile. Je sais que le vent va tomber dans la journée, il sera temps d’intervenir. Cela se fait dans cette deuxième journée de traversée !!!

La carte témoigne de nos zigzags à la fois d’éloignement et d’évitement d’autres filets. La nuit nous voyons des lumières difficilement interprétables, et le jour des bouées difficilement visibles …

On y arrive et les ennuis de filets s’arrêtent.

C’est pendant trois journées consécutives de nuages, entre les 6 et 8 mars, qu’une panne électrique, entrainant arrêt du pilote et empannage (scénario connu), que l’anneau inox, fixé sur le chariot en extrémité de la bôme, point d’écoute de la GV, casse. Je m’excuse au passage du charabia maritime pour les non marins. Je prends rapidement un ris en me mettant au près serré.  J’arrive à reprendre l’anneau d’écoute de la grand-voile avec un système de cordages, sans le chariot. Je remonte la GV et on fonctionnera comme cela jusqu’au bout. C’est super comme évènement, je vais entériner, et améliorer plus tard, ce nouveau montage aussi solide et moins bruyant que le chariot d’origine.

 

La route et les objectifs

 

C’est vendredi 23 mars, à 15h15 que nous passons l’équateur entre les Galapagos (où nous ne nous arrêtons pas) et l’Équateur (dont nous pouvons nous passer). Avec une petite moyenne de 4-5 Nds, nous passons en douceur le pot au noir (ZICT) à la voile.

 

 

Champagne oblige ! Il y a du soleil, mais le voici « passé » au nord !

Ceux qui nous ont suivi sur la carte ont pu constater les zigzags du départ, puis les ondulations tout au long du voyage pour répondre souplement aux exigences des variations imposées par Éole.

Aux prévisions initiales, j’envisage n’aller qu’à l’ile principale des Marquises Nuku Hiva, celle de Brel et Gauguin. En partant avec Sarah, qui a vécu là-bas dans son jeune âge, nous envisageons de passer d’abord par Hiva Oa, là où elle a été aussi à l’école.  Puis les vents nous portent résolument un peu plus au sud que voulu. Nous ne luttons pas contre Éole, et, à 3 jours de l’arrivée on décide de s’arrêter sur une troisième île encore plus au sud : Fatu Hiva. Ces changements inopinés nous vont très bien.

In fine nous nous arrêtons à Hiva Oa qui est en fait l'île de Brel et Gauguin ... ne vous perdez pas !

 

 

ET ÉOLE ? ET NEPTUNE ?

À partir du dimanche 25 le vent forcit régulièrement et ne nous quitte jamais. Il varie, en apparent, entre 8 et 20 Nds. Nos vitesses varient entre 4,5 et 8,5 Nds constatées par demi-journées, avec une tendance majoritaire à 6-7 Nds. C’est un vrai bonheur de navigation pour un marin. Au total nous ne subissons que de trois périodes un peu musclées, avec des turbulences de quelques heures. J’ai dû reprendre la barre à Maurice, il n’assurait plus. Mais il a si bien marché pendant toute la traversée que je peux lui permettre de se reposer un peu aussi.

Ici mes panneaux accueillent le soleil levant.

La houle n’est pas très forte, assez longue, mais un peu hachée. Le catamaran ne subit que quelques claques sous la nacelle que de temps en temps. Avec le vent arrière c’est normal. Mais il est constamment un peu secoué même si c’est légèrement.

Nous sommes au grand largue toute la première partie du voyage, voiles toujours côté tribord. C’est le côté du soleil, et ce n’est pas bon pour mes panneaux solaires que j’oriente le matin vers l’est.

 

Puis vent arrière et voiles en ciseaux pendant les 12 derniers jours. Il faut être vigilant pour les variations de direction du vent.

 

 

On remonte un peu trop … et le foc se met à contre. Pas trop grave, il revient vite avec la vitesse et son bout « écarteur » du point d’écoute. On s’éloigne un peu trop du vent …  et on risque l’empannage. Cela peut être grave.

 

La retenue de bôme avec élastique limite les risques et diminue les dégâts quand cela arrive malgré tout.

Question météo, 4 ou 5 journées de nuages et le reste au soleil. Trois ou quatre gouttes de pluies. La température augmente régulièrement depuis le départ, et sommes très souvent tout nus (sic, photos réservées).

 

Le bricolage (hors avarie !)

Pendant les moments calmes, sans même de vagues, je finalise l’installation du nouvel emmagasineur pour mon gennaker tout neuf !

Je taraude, au diamètre 10, deux trous sur le support alu d’un gros taquet de secours que je boulonne fermement. C’est essentiel pour gérer la chaine si le guindeau refuse de marcher. Nous avons connu cela une fois, au Perlas, pour cause de batteries faibles, pour cause de manque de soleil, le moteur ne suffisant pas à ce moment-là.

Remplacement attendu, inévitablement pendant le temps d’une cuisson (!), d’une bonbonne de gaz.

Changement, pas prévu si tôt, du mitigeur de l’évier. J’avais anticipé son apparence de vieux fatigué. Ces vieux là se remplacent quand on a un neuf sous le coude ! En fait il s’est cassé lorsque la cocotte-minute est tombée du camping gaz en remplacement temporaire de la gazinière (installé par sécurité dans l’évier) ; 10 secondes d’inattention fut fatales pour le col du robinet …

J'ai vraiment le temps de bien ranger le pont ... et je prends aussi le temps de finaliser le bon fonctionnement des pompes électriques des cales moteurs bâbord et tribord. C’est fait. 

Nous profitons d’un petit vent pour retirer le lazzybag, avec intention d’installer le neuf en attente de voir le soleil. C’est plus facile avec la voile levée. Et je retire le chariot d’écoute sur la bôme, devenu inutile, en même temps.

J’en oublie : changement des tendeurs de mes deux fusils sous-marin, rangements incessants, mise en ordre des dossiers dans mon ordinateurs, tris des photos en dossier d’attente (j’en découvre un bon nombre jamais visualisé !!!), etc.

Nos rares visiteurs

 

 

 

 

 

 

 

 

LA VIE A BORD

Résumé : vraiment cool !

Pour la cambuse, nous avons tout à profusion et en plus Sim et moi mangeons très sobrement, presque par obligation. L’abondance de fruits et légumes nous amène à privilégier le frais. Aucune pâte, aucun riz, aucun féculent, aucune boite de conserve pendant cette traversée. C’est nous-même qui faisons des conserves de légumes avant qu’il ne se perdent. Nous perdons une pastèque, une courge, quelques tomates, concombres et autres courgettes mais pas trop au total. Les fruits se tiennent assez bien car nous les mangeons en fonction du niveau de maturité. A l’arrivée il nous reste quelques pommes et quelques oranges, tomates et bricoles fraiches. Plein d’oignons et de pomme de terres. Les oranges, achetées en grand nombre, et bien choisies par Sarah et LM, deviennent dures mais toujours juteuses et succulentes, elles nous régalent tous les jours.

Là je dépouille une noix de coco venant des San Blas

Nous faisons régulièrement du pain, et aussi clafoutis à la poêle, crêpes, œufs au lait … Pour les œufs nous en cuisons un tiers à l’avance (4 ou 5 boites de 12) ; pour les autres 8 ou 10 boites, on a trempé 3 secondes chaque œuf dans l’eau bouillante. Au total nous ne trouvons que 2 ou 3 œufs de pourris dans les frais ébouillantés, mais au moins 10 avariés dans les œufs cuits à l’avance. Étonnant.

 La pêche ? Je suis parti avec de bonnes intentions … mais le risque de prendre des lignes dans les filets dérivants me dissuade de les mettre.

 

Puis très rapidement, les matins, nous allons à la cueillette sur le trampoline de petites seiches et poissons volants. Ils s’envolent en voyant foncer sur eux ces deux gros prédateurs, appelés coques, et retombent sur le pont ou trampoline. La quantité par jour et la qualité nous suffisent pour nous deux.

Je ne mets plus mes lignes. Petit à petit, la cueillette se raréfie, mais comme le vent augmente, et que nous ne prenons rien pendant 6-8 jours, nous préférons manger les conserves que nous avons faites du temps de notre grand pêcheur Tristan. Je suis en attente d’un amollissement du vent … qui ne vient jamais.

 

Quelques expériences culinaires dont des croissants vraiment pas présentables mais super bons !

Question alcool, nous nous sommes mis à sec. Sauf les dix derniers jours, avec les météos prévisionnelles toujours favorables et rassurantes. Nous associons apéro (une bière à deux et petits gâteaux salés) au moment de notre séance film (17h30 19h). Demandez « bonbons, esquimaux, chocolats » … Un rituel sympa. Mais ça ne vaut pas le pastis sur le ponton d’Houmt Souk !

 

Les journées passent vites.

Ici Simonie au bord de sa grande baignoire !

Pour simonie : lectures, cuisine, gym, farniente au soleil, surveillance du vent … pour René : bricolage (qui en eu douté ?), pain, cuissons autres que légumes, écriture chapitres blog, tri des photos, suivi du cahier de bord tenu très régulièrement à jour, surveillance du vent, gestion du dessalinisateur, une fois une heure (50 l) tous les deux jours (ce dernier marche impeccable depuis le départ de France, et c’est vraiment du confort pour la vie à bord).

Le jour tout cela est souple et variable, la nuit les quarts restent bien rythmés (important pour installer une bonne régularité biologique). Simonie 20-23 h et 05-08 h et pour René 23 h-02 h, 05-08 h.

Tous les 4/5 jours nous enlevons une heure sur nos horloges et montres pour stabiliser les journées au rythme du lever et coucher de soleil. Et arriver ainsi à la bonne heure locale. Rigolo, on à plus de temps à vivre. Mais je crois qu’on va perdre une journée d’un coup entre Papeete et Nouméa …

 

 

 

 

 

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